Nourir les humains
Le TIRPAA (Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture) a été adopté par les États membres (les 192 pays de la Terre) de la FAO (Food and Agriculture Organization), organisme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, par 116 voix pour et 2 abstentions (USA et Japon), en 2001. Il est entré en vigueur en 2004.
Ce Traité vise à soutenir la conservation ex-situ et in-situ de la biodiversité cultivée, et reconnaît la contribution des agriculteurs dans la conservation et la mise en valeur des ressources phytogénétiques (Articles 5 et 6). Il reconnaît également les droits de ces agriculteurs à conserver, ressemer, protéger et vendre leurs semences, à promouvoir l’utilisation durable des ressources phytogénétiques (Article 9).
Extraits :
Article 6
a) élaborer des politiques agricoles loyales encourageant, selon qu’il convient, la mise en place et le maintien de systèmes agricoles diversifiés qui favorisent l’utilisation durable de la diversité biologique agricole et des autres ressources naturelles.
b) Promouvoir, selon qu’il convient, une utilisation accrue des plantes cultivées, des variétés et des espèces sous-utilisées, locales ou adaptées aux conditions locales.
Or, la majorité des pays signataires interdisent l’exercice des droits des paysans, les remplaçant par les droits privés de propriété intellectuelle (DPI) sur les semences. Ce qui favorise la dizaine de firmes multinationales de se proclamer propriétaire de l’ensemble de la biodiversité existante, d’établir des brevets , de créer des semences industrielles non reproductibles trop chères pour les petits paysans qui ne peuvent les racheter chaque année. Elles détruisent les cultures vivrières, les systèmes sociaux, culturels et les savoirs traditionnels des communautés paysannes et des peuples indigènes.
Cette politique agressive est contraire à la protection des droits des paysans définis dans le TIRPAA.



